Jours de détentions de Céline et de Sarah
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Source : http://www.estrepublicain.fr/fr/grand-est/franche-comte/info/

le 4/26/2010 1:00

Franche-Comté : Céline et Sarah... en liberté !

Céline et Sarah sont libres mais dans l'impasse : pas de boulot et droit à aucune aide.

 

Céline et Sarah sont libres mais dans l'impasse : pas de boulot et droit à aucune aide.

Cela fera bientôt quatre mois qu'elles sont revenues. Mais pour Céline et Sarah, c'est toujours l'attente... L'attente d'un job désormais. Toujours aussi inséparable, les deux copines, devenues deux sœurs dans la tourmente : "La misère nous rassemble plus que les moments de joie !" Elles ont accepté de faire le point sur leur retour à la vie. "Le retour, ça a été irréel. L'excitation, la fatigue, les médias que l'on n'imaginait pas si nombreux et enfin pouvoir s'écrouler en étoile sur notre lit..."

"Dès qu'on ferme les yeux c'est le flash-back !"

Pendant deux mois, les filles n'ont pas bougé. "Ce n'est pas comme si on sortait de La Butte (NDLR : la maison d'arrêt de Besançon). Ici, c'est le Club Med par rapport à là-bas. Ils ont tout. Reprendre une vraie vie, c'est plus difficile qu'on ne l'avait pensé. On avait trop idéalisé ce retour. Dès qu'on ferme les yeux, c'est le flash-back !" Mais depuis deux mois, elles se sont véritablement mises à traquer la petite annonce. Sarah rêve de bosser dans le tourisme et Céline dans le design. "Mais pour l'instant on postule partout où on peut, même au MacDo. Rien ne nous fait peur. C'est trop dur d'être à la charge de nos parents. En plus, avec tout ça, ils sont ruinés. Ce qui fait qu'il ne faut même pas espérer reprendre une formation... On n'a pas les moyens. Ce qui vient, on prend.» Pour l'instant aucune candidature n'a reçu le moindre embryon de réponse. Et les filles n'ont droit à aucune aide. "Même pas du dispositif qui permet aux anciens prisonniers de se réinsérer puisqu'on a été emprisonnées à l'étranger."

À savoir si leur médiatisation agit comme un boomerang, elles préfèrent éluder. "Nous sommes allées voir nos meilleurs amis, Emna et Mickaël, qui sont installés maintenant à Montpellier, Nabyla à Paris. C'est sûr que partout, on nous reconnaît. Dans la rue, les gens nous regardent... Mais dans le quartier, les gens ont été vraiment solidaires. Toutes les mamans sont venues nous voir quand nous sommes rentrées. C'était vraiment chaleureux." Les choses ne sont pas simples mais elles l'assurent : "On a suffisamment souffert en prison et connu des gens pour qui la situation est bien pire pour ne plus avoir à nous plaindre. Quand on voit nos parents le matin en nous levant ça enjolive déjà notre journée. Marcher dans la rue, vous n'imaginez pas quelle liberté c'est !"

Alors pour tromper le temps entre deux recherches d'emploi, Céline et Sarah écrivent leur histoire : "Nos malheurs, nos sourires, on passait constamment du rire aux larmes là-bas. On ne pourra jamais oublier mais cela nous aidera peut-être à tourner la page." Et l'association Céline et Sarah ? Où en est l'association annoncée par Alain Joyandet ? "On ne sait pas. Il est passé une fois à la maison nous rapporter des affaires égarées pendant le voyage. Nous sommes allées le voir à un meeting des régionales mais, depuis, nous n'avons plus de nouvelles. Il est sûrement très occupé... C'est quelqu'un de bon. On attend qu'il nous recontacte." Pourtant les filles l'avouent, ce projet dont le secrétaire d'État leur a annoncé la teneur dans l'avion du retour leur "tient à cœur. On a vraiment envie d'aider les personnes qui sont incarcérées à l'étranger car, pour elles, sans soutien, sans affection, c'est vraiment la double peine. Leurs parents aussi prennent une claque, physiquement et moralement." Pour l'instant le seul soutien politique de Céline et Sarah qui perdure est celui du maire de Besançon, Jean-Louis Fousseret, qui les recevra le 3 mai, pour voir ce qui peut être fait pour les aider.

Fred Jimenez

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